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Aventure · 6 min

Le glacier d’à côté

L’héliski est interdit en France — alors les skieurs de Courchevel s’envolent vers un glacier italien, le Ruitor au-dessus de La Thuile, et redescendent. Comment se déroule la journée transfrontalière, ce qu’elle coûte et quand elle est possible.

oct. 2024Courchevel 1850 Editorial

L’héliski est interdit en France depuis des décennies, pour des raisons environnementales — l’un des rares pays d’Europe à l’avoir proscrit purement et simplement. L’Italie, à vingt minutes de vol, ne connaît pas cette règle. D’où un itinéraire courchevellois de longue date : décoller de l’altiport, se poser sur un glacier italien et redescendre de l’autre côté de la frontière.

On ne peut pas faire d’héliski en France — déposer des skieurs par hélicoptère pour le loisir est interdit sur tout le territoire. Mais la frontière italienne n’est qu’à quelques minutes de vol, et l’Italie l’autorise : l’aventure courchevelloise classique est donc transfrontalière. Un hélicoptère vous enlève à l’altiport de Courchevel, vous dépose sur le glacier du Ruitor au-dessus de La Thuile, dans le Val d’Aoste, et vous redescendez le versant italien. C’est légal précisément parce que la dépose a lieu sur le sol italien, et cela ne se fait que lorsque la météo et le risque d’avalanche le permettent. Voici comment se déroule la journée.

The cross-border heli-ski day — from the Courchevel Altiport to the Ruitor glacier above La Thuile, and back.

La journée d’héliski transfrontalière en bref

ÉtapeCe qui se passe
DécollageUn hélicoptère (un AS350 Écureuil B3) décolle de l’altiport de Courchevel, en fin de matinée
Le volEnviron 20 à 45 minutes vers l’est, jusqu’au glacier du Ruitor, au-dessus de La Thuile, dans le Val d’Aoste
La déposeAtterrissage sur une vire de neige vers 3 400–3 500 m, avec un guide de haute montagne UIAGM
La descenteUne longue descente de glacier — bien plus de mille mètres de dénivelé — sur le versant italien
Le déjeunerUn restaurant d’altitude au-dessus de La Thuile : polenta, fontine, un verre de rouge valdôtain
Le retourHélicoptère de retour à l’altiport de Courchevel en milieu d’après-midi

Pourquoi ce doit être l’Italie

La France a interdit la « dépose » — déposer des skieurs par hélicoptère en montagne pour le loisir — par la loi montagne de 1985, et maintient l’interdiction depuis ; c’est l’une des seules nations alpines à le faire. On peut encore prendre un vol panoramique ou une dépose pour l’alpinisme, mais on ne peut pas se faire hélitreuiller simplement pour redescendre à ski. L’Italie trace la limite autrement, et le Val d’Aoste, juste de l’autre côté, dispose d’une activité héliski bien établie. Comme l’altiport de Courchevel est lui-même homologué pour le décollage et l’atterrissage, la boucle — départ français, descente italienne, retour français — reste tout à fait légale.

Le glacier du Ruitor

La destination est le glacier du Ruitor (Rutor), un vaste champ de glace d’environ 900 hectares culminant à quelque 3 480 mètres côté italien, avec toute la chaîne du Mont-Blanc à l’horizon. Ses pentes supérieures sont larges et peu inclinées — assez clémentes pour qu’un bon skieur intermédiaire trouve son rythme en altitude — tandis que les parties basses se redressent en couloirs à poudreuse qui ramènent les experts hiver après hiver. Les crevasses sont cartographiées et largement contournées ; un guide qualifié encadre chaque groupe, ce qui n’est ni facultatif ni négociable.

Déjeuner côté italien

La plupart des journées s’achèvent en bas, à La Thuile, où la tradition veut un long déjeuner de montagne italien avant le vol du retour — polenta à la fontine, charcuterie, une truffe si la saison s’y prête, et un verre de rouge local du Val d’Aoste. Une heure ou deux volontairement sans hâte ; l’hélicoptère n’ira nulle part tant que le groupe n’est pas prêt, et l’intérêt de la journée tient autant à la mise en scène du passage de frontière qu’au dénivelé.

Le prix et la période

C’est une journée en affrètement privé, et le tarif le reflète : comptez une somme à quatre chiffres pour un petit groupe, selon l’opérateur, l’appareil et le nombre de vols. Réservez plusieurs jours à l’avance — la fenêtre météo est étroite et les créneaux disputés. Deux choses peuvent tout annuler. Si les nuages contraignent l’hélicoptère à se poser en France plutôt qu’en Italie, la journée est annulée (et l’acompte reste en général dû). Et les guides renoncent lorsque l’échelle européenne de risque d’avalanche est élevée — en général au niveau 4 ou au-delà, sur une échelle de 1 à 5. Un hiver difficile ne donnera qu’une poignée de jours praticables ; un bon hiver, des dizaines.

Préparez le reste de votre séjour

La descente de glacier est l’extrémité du spectre hors-piste de Courchevel. Pour un terrain plus proche, lisez notre cartographie des secrets du hors-piste de la station ; pour préparer votre arrivée, voyez comment venir à Courchevel 1850 ; et parcourez le reste de la montagne dans que faire.

Good to know

Frequently asked

L’héliski est-il légal en France ?
Non. La dépose de skieurs par hélicoptère pour le loisir est interdite en France depuis la loi montagne de 1985 — l’un des rares pays alpins à la proscrire. Les skieurs de Courchevel la contournent légalement en s’envolant vers l’Italie voisine, où elle est autorisée, pour redescendre le versant italien de la frontière.
Faut-il être un skieur expert pour la descente du Ruitor ?
Pas forcément expert, mais skieur hors-piste sûr de lui. Le haut du glacier du Ruitor est large et peu incliné — abordable pour un bon intermédiaire — tandis que le bas se redresse. Chaque groupe skie avec un guide de haute montagne UIAGM qualifié.
Combien coûte une journée d’héliski transfrontalière depuis Courchevel ?
C’est un affrètement privé : comptez une somme à quatre chiffres pour un petit groupe, selon l’opérateur, l’appareil et le nombre de vols. Réserver plusieurs jours à l’avance est indispensable, car la fenêtre météo est courte.
Quand peut-on faire la descente de glacier transfrontalière ?
Uniquement quand les conditions le permettent — un ciel assez dégagé pour que l’hélicoptère se pose en Italie, et sous les niveaux élevés de risque d’avalanche (les guides renoncent en général au niveau 4 ou plus, sur l’échelle européenne de 1 à 5). Certains hivers n’offrent que quelques jours praticables, d’autres des dizaines.