L’héliski est interdit en France depuis des décennies, pour des raisons environnementales — l’un des rares pays d’Europe à l’avoir proscrit purement et simplement. L’Italie, à vingt minutes de vol, ne connaît pas cette règle. D’où un itinéraire courchevellois de longue date : décoller de l’altiport, se poser sur un glacier italien et redescendre de l’autre côté de la frontière.
On ne peut pas faire d’héliski en France — déposer des skieurs par hélicoptère pour le loisir est interdit sur tout le territoire. Mais la frontière italienne n’est qu’à quelques minutes de vol, et l’Italie l’autorise : l’aventure courchevelloise classique est donc transfrontalière. Un hélicoptère vous enlève à l’altiport de Courchevel, vous dépose sur le glacier du Ruitor au-dessus de La Thuile, dans le Val d’Aoste, et vous redescendez le versant italien. C’est légal précisément parce que la dépose a lieu sur le sol italien, et cela ne se fait que lorsque la météo et le risque d’avalanche le permettent. Voici comment se déroule la journée.
La journée d’héliski transfrontalière en bref
| Étape | Ce qui se passe |
|---|---|
| Décollage | Un hélicoptère (un AS350 Écureuil B3) décolle de l’altiport de Courchevel, en fin de matinée |
| Le vol | Environ 20 à 45 minutes vers l’est, jusqu’au glacier du Ruitor, au-dessus de La Thuile, dans le Val d’Aoste |
| La dépose | Atterrissage sur une vire de neige vers 3 400–3 500 m, avec un guide de haute montagne UIAGM |
| La descente | Une longue descente de glacier — bien plus de mille mètres de dénivelé — sur le versant italien |
| Le déjeuner | Un restaurant d’altitude au-dessus de La Thuile : polenta, fontine, un verre de rouge valdôtain |
| Le retour | Hélicoptère de retour à l’altiport de Courchevel en milieu d’après-midi |
Pourquoi ce doit être l’Italie
La France a interdit la « dépose » — déposer des skieurs par hélicoptère en montagne pour le loisir — par la loi montagne de 1985, et maintient l’interdiction depuis ; c’est l’une des seules nations alpines à le faire. On peut encore prendre un vol panoramique ou une dépose pour l’alpinisme, mais on ne peut pas se faire hélitreuiller simplement pour redescendre à ski. L’Italie trace la limite autrement, et le Val d’Aoste, juste de l’autre côté, dispose d’une activité héliski bien établie. Comme l’altiport de Courchevel est lui-même homologué pour le décollage et l’atterrissage, la boucle — départ français, descente italienne, retour français — reste tout à fait légale.
Le glacier du Ruitor
La destination est le glacier du Ruitor (Rutor), un vaste champ de glace d’environ 900 hectares culminant à quelque 3 480 mètres côté italien, avec toute la chaîne du Mont-Blanc à l’horizon. Ses pentes supérieures sont larges et peu inclinées — assez clémentes pour qu’un bon skieur intermédiaire trouve son rythme en altitude — tandis que les parties basses se redressent en couloirs à poudreuse qui ramènent les experts hiver après hiver. Les crevasses sont cartographiées et largement contournées ; un guide qualifié encadre chaque groupe, ce qui n’est ni facultatif ni négociable.
Déjeuner côté italien
La plupart des journées s’achèvent en bas, à La Thuile, où la tradition veut un long déjeuner de montagne italien avant le vol du retour — polenta à la fontine, charcuterie, une truffe si la saison s’y prête, et un verre de rouge local du Val d’Aoste. Une heure ou deux volontairement sans hâte ; l’hélicoptère n’ira nulle part tant que le groupe n’est pas prêt, et l’intérêt de la journée tient autant à la mise en scène du passage de frontière qu’au dénivelé.
Le prix et la période
C’est une journée en affrètement privé, et le tarif le reflète : comptez une somme à quatre chiffres pour un petit groupe, selon l’opérateur, l’appareil et le nombre de vols. Réservez plusieurs jours à l’avance — la fenêtre météo est étroite et les créneaux disputés. Deux choses peuvent tout annuler. Si les nuages contraignent l’hélicoptère à se poser en France plutôt qu’en Italie, la journée est annulée (et l’acompte reste en général dû). Et les guides renoncent lorsque l’échelle européenne de risque d’avalanche est élevée — en général au niveau 4 ou au-delà, sur une échelle de 1 à 5. Un hiver difficile ne donnera qu’une poignée de jours praticables ; un bon hiver, des dizaines.
Préparez le reste de votre séjour
La descente de glacier est l’extrémité du spectre hors-piste de Courchevel. Pour un terrain plus proche, lisez notre cartographie des secrets du hors-piste de la station ; pour préparer votre arrivée, voyez comment venir à Courchevel 1850 ; et parcourez le reste de la montagne dans que faire.



