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Territoire · 7 min

Le hors-piste à Courchevel 1850

Le hors-piste de Courchevel par un enfant du pays — le Grand Couloir, les Creux Noirs, la Vallée des Avals restée sauvage et les randonnées vers l’Aiguille du Fruit. Les itinéraires mythiques, la difficulté de chacun, et le guide et le matériel de sécurité sans lesquels il ne faut jamais s’engager.

nov. 2024Courchevel 1850 Editorial

Les remontées mécaniques de Courchevel donnent accès à certains des hors-pistes les plus légendaires des Alpes — l’arête effilée du Grand Couloir, la combe à poudreuse des Creux Noirs, les longues pentes désertes de la Vallée des Avals. Et chaque mètre est un terrain avalancheux qui n’est ni surveillé ni sécurisé. Voici les itinéraires qui font l’identité du hors-piste de Courchevel, et le guide, la formation et le matériel sans lesquels aucun ne devrait être tenté.

Courchevel ouvre sur un terrain que des skieurs viennent chercher du bout du monde : des couloirs qui plongent depuis l’arête de la Saulire, la large combe orientée nord-est des Creux Noirs, une vallée sauvage que l’on rejoint depuis un télésiège, et de véritables descentes de ski de randonnée jusqu’aux portes du Parc national de la Vanoise. Rien n’est damé, balisé, surveillé par les pisteurs ni purgé du risque d’avalanche. Voici un guide des itinéraires qui font le hors-piste de Courchevel — et, tout aussi essentiel, du guide, de la formation et du matériel de sécurité qui font de leur descente un sport, et non un pari.

Le hors-piste de Courchevel en un coup d’œil

ItinéraireAccèsDéniveléCaractère
Grand CouloirTéléphérique de la Saulire + sentier d’arête~500 mPiste noire balisée, non damée — la porte d’entrée
Petit Couloir / Croix des VerdonsCourtes montées depuis l’arête de la SaulireRaideVéritables couloirs hors-piste à côté du Grand
Creux Noirs15 min de montée depuis le Pas du Lac~600 m40–45°, nord-est — le classique de la poudreuse
Vallée des AvalsTraversée depuis le Col de Chanrossa~700–800 mVallée sauvage, plus roulante — un premier grand hors-piste
Roc Merlet, face NO15–20 min de montée depuis Chanrossa~600 m~25°, doux — le hors-piste du débutant
Rocher de la Loze, face N45 min de montée~300 m40–45°, entrée aveugle — experts uniquement
Aiguille du Fruit, couloir N1 h 30 – 2 h de ski de randonnée~800 mCouloir à 40–45° sous le plus haut sommet
Col du Fruit~3 h 30 de ski de randonnée (Verdons/Vizelle)Randonnée jusqu’à la limite du parc de la Vanoise

D’abord, la partie non négociable

Aucun des itinéraires ci-dessous n’est une « piste ». Ils ne sont ni surveillés, ni balisés, ni purgés du risque d’avalanche, ni contrôlés par une dernière ronde en fin de journée. Les skier en sécurité repose sur trois piliers, dans l’ordre : un guide de haute montagne diplômé ou un moniteur hors-piste de l’ESF qui a lu le manteau neigeux du jour ; le trio de sécurité avalanche — DVA (détecteur de victimes d’avalanche), pelle et sonde — porté sur soi, non rangé au fond du sac, et manipulé à l’entraînement ; et le bulletin d’estimation du risque d’avalanche du jour (le BERA du massif de la Vanoise, publié chaque après-midi par Météo-France). Le hors-piste est légal en France et vous pouvez le pratiquer sans guide — mais, chaque hiver, les Trois Vallées y perdent des skieurs. La meilleure décision de toute cette page est de réserver un guide pour votre première descente de n’importe lequel de ces itinéraires.

Les classiques accessibles depuis les remontées

Le Grand Couloir

L’itinéraire le plus célèbre de Courchevel est, à proprement parler, une piste balisée. Du sommet du téléphérique de la Saulire, un sentier étroit et exposé s’étire le long de l’arête jusqu’à l’entrée du Grand Couloir — régulièrement présenté comme l’une des pistes noires les plus raides des Alpes. Il est surveillé et figure sur le plan des pistes, mais il n’est pas damé, souvent truffé de grosses bosses et réellement sérieux, et c’est la porte d’entrée vers tout ce qui l’entoure. Le vrai hors-piste commence sur ses épaules : le Petit Couloir et le couloir de la Croix des Verdons, que l’on rejoint par de courtes montées à pied depuis la même arête, sont plus resserrés, non surveillés et clairement plus engagés.

Les Creux Noirs

Quinze minutes de montée à pied depuis le sommet de la télécabine du Pas du Lac, en direction de La Petite Saulire, donnent accès aux Creux Noirs — la grande combe orientée nord-est du domaine, quelque 600 mètres de dénivelé de pentes ouvertes inclinées entre 40 et 45 degrés. Elle garde une poudreuse froide et sèche plusieurs jours après une chute et offre d’innombrables variantes, dont plusieurs se terminent dans des couloirs et des barres rocheuses. C’est le grand classique de la poudreuse à Courchevel pour skieurs confirmés — et, le mauvais jour, un terrain avalancheux tout aussi classique.

La vallée sauvage — la Vallée des Avals

Pour une première expérience du grand hors-piste, rien à Courchevel ne vaut la Vallée des Avals. Depuis le Col de Chanrossa, une courte traversée sous la face du Roc Merlet vous fait basculer dans une longue vallée déserte — 700 à 800 mètres de dénivelé d’une neige joueuse et le plus souvent débonnaire, environ 40 degrés dans son passage le plus raide, qui laisse totalement derrière soi les remontées et la foule. La récompense : la solitude et une neige immaculée ; le hic : une longue traversée plate, façon ski de fond, pour regagner les pistes à la fin — et c’est exactement pour cela qu’un guide connaissant la ligne de sortie justifie pleinement ses honoraires. C’est du ski en pleine nature sauvage, accessible depuis un simple télésiège.

L’itinéraire facile, et ceux des experts

Le hors-piste n’est pas toujours raide. La face nord-ouest du Roc Merlet, 15 à 20 minutes de montée depuis le Col de Chanrossa, est une descente fluide de 600 mètres, d’une pente moyenne d’à peine 25 degrés — l’endroit idéal pour tracer ses premiers virages hors-piste avec un guide, sur une neige qui reste bonne parce que peu de gens font l’effort d’y monter. À l’autre bout du spectre, les itinéraires de connaisseurs : la face nord du Rocher de la Loze, 300 mètres à 40–45 degrés et « totalement aveugle » depuis le sommet, si bien qu’il faut l’étudier d’en bas avant de s’y engager ; et les couloirs de l’arête de la Saulire. Ceux-là sont réservés aux skieurs hors-piste expérimentés, accompagnés d’un guide, et uniquement par conditions stabilisées.

La descente se mérite — l’Aiguille du Fruit et le Col du Fruit

Le plus beau hors-piste de Courchevel ne se rejoint pas depuis les remontées mécaniques. Une sortie de ski de randonnée — peaux de phoque sous les skis, à la montée par ses propres moyens — ouvre les confins sauvages du Parc national de la Vanoise. Le couloir nord de l’Aiguille du Fruit (3 048 m), 1 h 30 à 2 h de montée depuis le Col de Chanrossa, offre environ 800 mètres de descente, dont quelque 400 mètres dans un couloir engagé à 40–45 degrés sous le plus haut sommet du massif — une véritable descente d’alpinisme. Plus doux en pente mais tout aussi sauvage, l’itinéraire vers le Col du Fruit (2 516 m) — par les télécabines des Verdons et de la Vizelle, puis environ 3 h 30 de peaux de phoque — vous mène à la limite du parc national, les vallées de Courchevel et de Méribel plongeant de part et d’autre. Deux courses à ne faire qu’accompagné d’un guide, qui exigent une bonne condition physique, du matériel de randonnée et un départ matinal.

Réserver un guide à Courchevel

Le Bureau des Guides de Courchevel, rattaché à la Compagnie des Guides de la Vanoise, regroupe les guides professionnels de la station ; l’ESF aligne elle aussi des moniteurs hors-piste. Un guide à la journée — en général de 9 h à 16 h, pour un petit groupe — coûte environ 420 €, un tarif qui comprend le DVA, la pelle et la sonde que vous porterez sur vous. Partagé entre trois ou quatre skieurs, c’est l’une des dépenses les plus rentables d’un séjour à Courchevel, et le seul moyen de skier les itinéraires ci-dessus avec la connaissance du terrain qui vous garde à l’écart des pièges. Pour le hors-piste encadré et les journées en héliski, consultez notre guide hors-piste et héliski.

Quand la neige est au rendez-vous

Le hors-piste récompense la patience. Les itinéraires exposés nord — les Creux Noirs, le Roc Merlet, l’Aiguille du Fruit — gardent une poudreuse froide plusieurs jours après une chute et sont ceux qu’il faut viser au cœur de l’hiver, en janvier et février. Les pentes exposées au sud se transforment vite et se réservent plutôt à la neige de printemps, sur un manteau neigeux stabilisé. La fenêtre qui réunit neige fraîche, risque d’avalanche stabilisé et bonne visibilité est étroite — et savoir la lire, c’est précisément le jugement pour lequel on paie un guide. Repérez-vous sur le plan des pistes, et construisez le reste de votre séjour autour de notre guide du ski à Courchevel.

Good to know

Frequently asked

Faut-il un guide pour skier hors-piste à Courchevel ?
Légalement, non — le hors-piste est autorisé en France sans guide. Dans les faits, oui : chaque itinéraire est un terrain avalancheux non sécurisé, et la station, l’ESF comme le Bureau des Guides recommandent tous de ne jamais s’y engager sans un guide ou un moniteur diplômé, ni sans DVA, pelle et sonde. Réserver un guide pour votre première descente est la décision de sécurité la plus importante que vous prendrez.
Qu’est-ce que le Grand Couloir de Courchevel ?
Une piste noire balisée qui part du sommet du téléphérique de la Saulire, que l’on rejoint par un sentier d’arête exposé, souvent présentée comme l’une des pistes les plus raides des Alpes. Elle est surveillée et figure sur le plan, mais n’est pas damée et reste sérieuse. Les véritables couloirs hors-piste — le Petit Couloir et la Croix des Verdons — se trouvent juste à côté et exigent un guide.
Combien coûte un guide hors-piste à Courchevel ?
Environ 420 € pour une journée complète (environ de 9 h à 16 h) avec le Bureau des Guides de Courchevel, un tarif qui comprend le matériel de sécurité avalanche — DVA, pelle et sonde. Partagé au sein d’un groupe de trois ou quatre, cela représente un coût par personne modeste au regard de la connaissance du terrain et de la sécurité que cela apporte.
Quel équipement faut-il pour skier hors-piste ?
Le trio non négociable, c’est un DVA (détecteur de victimes d’avalanche), une pelle et une sonde — portés sur soi, pas rangés au fond du sac, et maîtrisés à l’entraînement — plus un casque. Consultez le bulletin d’estimation du risque d’avalanche du jour (le BERA de la Vanoise, publié chaque après-midi par Météo-France). Si vous réservez un guide, il fournit et vérifie le matériel de sécurité.